La fête du durag (Durag fest)

par | Oct 18, 2020 | 360 waves Actualités | 0 commentaires

Cet événement honore le couvre-chef non seulement comme accessoire d’entretien du cheveu, mais aussi comme élément de base de la culture noire.

 

La fête du durag : un événement crée par deux créatifs engagés

 

Dammit Wesley, un artiste basé à Charlotte, pense que l’on peut en apprendre beaucoup sur un homme par la façon dont il porte son durag. Il y a les hommes qui font un nœud complet sur le côté, ceux qui l’attachent avec le rabat vers l’intérieur et d’autres avec le rabat vers l’extérieur. Ensuite, il y a les hommes qui ne l’attachent pas du tout et laissent plutôt les lanières flotter à côté de leurs oreilles.

L’expertise de Wesley dans l’art du nouage des durag provient de son expérience d’homme noir, entouré d’autres hommes noirs. Il décrit ces hommes portant religieusement des durag pour maintenir leurs ondulations (waves coiffure) ou protéger une nouvelle coupe de cheveux. Cette relation que Wesley qu’entretient avec le foulard l’a poussé à s’associer Lica Mishelle. Ensemble, Iïls décident ensemble d’organiser le premier Durag Fest (la fête du durag) au monde, à Charlotte, leur ville natale de Charlotte, situé en Caroline du Nord.

 

Les origines de la création de la fête du durag

 

Ce premier Durag Fest (fête du durag) s’est tenu en juin 2018 sur un parking du Camp North End, un quartier de Charlotte où une communauté artistique émergente est présente. Le festival proposait de la nourriture, de l’art, des performances musicales d’artistes locaux. Le tout saupoudré d’un esprit de camaraderie qui a apporté une nouvelle énergie passionnante qui, selon Wesley, manquait aux Noirs de la ville. On recense plus 1 200 personnes qui ont participé à ce festival, chacune d’entre elles portant des vêtements de différentes textures, couleurs et longueurs.

 

L’expression artistique autour du durag

 

Certains participants ont choisi de s’en tenir aux styles de durag classiques (Exemple : durag noir, durag monocolore). Tandis que d’autres l’ont customisé avec des pointes métalliques dépassant du haut ou avec des tissus de fourrure. Suite à ce succès, le duo a organisé un autre événement sur le thème du durag, avec son premier bal du durag qui se voulait être le « Met Gala of durag ».

 

Un festival de commémoration de l’abolition de l’esclavage des noirs aux USA

 

Mishelle, qui est le PDG/directeur des opérations du festival, et Wesley, qui en est le directeur créatif, ont organisé le festival. Cet événement serait structuré autour de l’idée que les durags ne sont pas seulement un accessoire d’entretien du cheveu, mais aussi un élément culturel de base. Le port du durag est avant tout un style que les Noirs s’approprient totalement et qu’ils adoptent avec joie malgré les stéréotypes négatifs que d’autres lui attribuent. Non seulement, ils voulaient célébrer son importance culturelle et lui donner une nouvelle image, mais ils voulaient aussi trouver une façon amusante, créative et positive de célébrer le 19 juin. Date de la  fête américaine qui commémore le jour où les derniers Africains asservis ont été libérés de la servitude après l’abolition de l’esclavage aux États-Unis en 1866.

 

 

Interview de Dammit Wesley sur la fête du durag (Duragfest)

Quelle a été l’expérience du premier Durag Fest (fête du durag) ?

 

Dammit Wesley : j’avais légitimement l’impression d’être au Wakanda. Tout était si audacieux, si fort et si lumineux. Tout le monde était si amical. Je pense que, ce qui est marquant pour moi, est que l’on ne retiendra pas simplement le fait que l’événement s’est déroulé dans un parking. Quand nous avons dit à tout le monde qu’ils pouvaient rentrer chez eux, nous avons éteint la musique. Les gens sont restés pour nettoyer. Ils étaient du genre : « vous avez besoin d’aide pour sortir cette poubelle », « de quoi avez-vous besoin », « que quelqu’un me trouve un balai ». Les gens étaient tellement investis.

 

Pourquoi avez-vous choisi de centrer le festival autour du durag ?

 

Wesley : Pouvoir prendre quelque chose d’aussi simple et l’élever au rang d’art est un talent que les Noirs ont toujours eu depuis que nous sommes descendus du bateau et que nous nous sommes retrouvés ici. Que ce soit pour transformer les parties inutilisées du porc en un repas complet ou pour pouvoir cacher les arts martiaux sous forme de danse et s’émanciper des plantations dans un endroit comme le Brésil. Nous avons toujours été capables de faire plus avec très peu. Quelque chose d’aussi petit et insignifiant qu’un bandeau sur la tête utilisé pour garder vos waves (vagues) serrées signifie tellement plus et a tellement plus d’influence que ce que les gens lui attribuent. Et cela nous éclaire en tant que peuple sur notre ingéniosité et notre créativité en général.

 

Quelle est la bonne façon d’attacher un durag ?

 

Wesley : il n’y a une bonne façon d’attacher un durag. Les durags sont utilisés pour complimenter la confiance d’un homme noir et vous pouvez généralement dire à quel type de mec vous vous préparez à faire face juste à la façon dont il porte son durag.

 

Psychologie du porteur du durag :

 

Les types qui ne nouent pas leur durag et qui les laissent juste sur le dessus de leur tête ne sont pas des hommes engagés. Ceux qui portent leur durag noué sur le côté, à gauche ou à droite, ce sont des mecs ayant un fort caractère. Donc si vous les aimez vraiment voyous et agressifs, allez-y. S’il a une cigarette fourrée sur le côté où le nœud est effectué, c’est certainement un vieux. Il a probablement des chèques de pension ou de sécurité sociale qui arrivent. Si le durag est bien attaché avec le rabat ouvert, alors il sait où il va. Cet homme a certainement un but. Maintenant, il n’est peut-être pas fidèle, mais nous savons qu’il a un but dans sa vie.

 

Où voyez-vous le festival du Durag se diriger à l’avenir ?

 

Lica Mishelle : Je souhaiterai que ce soit un événement annuel. C’est le début de l’histoire, le début d’un festival « full on black ». Nous avons parlé de l’étendre à d’autres villes. Nous ne savons pas quand cela va se faire, mais je sais qu’en ce moment, pour nous, il s’agit vraiment de construire et de permettre aux gens de le laisser se développer de façon organique. Nous voulons tout mettre en œuvre pour faire le lien avec Juneteenth, nous émanciper et utiliser l’art pour y parvenir.

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